9 avril 1916 - Ma chère Blandine...

C’est avec plaisir que je viens de recevoir ta lettre du 5 et hier le colis qui est aussi excellent. Il nous fait boire du vin le matin en nous levant, on mange un morceau et buvons un coup. A présent, on trouve de temps en temps à acheter alors on n’endure plus. Aujourd’hui, dimanche il fait un beau temps superbe. Toute la journée, je suis couché au sol ou je me promène avec un bâton et fais le boiteux tant que je peux, car tu comprends, pendant ce temps je ne fais rien. Je joue aux cartes en buvant un petit litre à 20 sous. Tu peux croire que je m’en fais pas. A présent, ne m’envoie que ce que je te demanderais, temps en temps un colis pour manger si tu veux car ça, c’est jamais de trop. Surtout ne vous en faites pas pour moi, car tu sais, je ne m’en fais pas. Je pense que tu n’auras pas trop bouffé de cochon. A qui avez-vous donné l’autre ? Tu me diras tes chevreaux si ils se font bien gros et si la mère a beaucoup de lait, pourvu que ça ne passe pas comme les lapins.
J’ai trouvé l’adresse d’Henri Chomel. Enfin merci beaucoup de toutes les pensées que tu m’envoies en attendant le bonheur de nous voir, je vous embrasse de tout cœur. Le bonjour à Rémy et Ferdinand.

Henri.