26 mars 1916 - Les Auches - Bien cher Henri...

Tu ne saurais croire combien a été grand le plaisir que nous avons eu en recevant aujourd’hui dimanche une autre de tes lettres, car tu sais, quoique du 12, elle a été la bienvenue chez nous, surtout d’apprendre que tu sois en bonne santé et tu en as grand besoin, quoique tu sois au repos. Pour nous, cela va très bien aussi, mais nous n’avons pas trouvé ton couteau. Tu dois l’avoir perdu dehors, c’est bien dommage car moi j’en aurais profité. Nous t’avons expédié ton colis hier et n’ayant pas encore reçu la lettre où tu nous demandes de la mèche pour ton briquet, alors il faudra attendre un autre paquet, mais je n’ai point pu y mettre du papier à lettre car d’ici à ce qu’il fut rendu, il aurait usé, parce que cette boîte ne faisait pas bien dans ta lettre. J’ai mis 2 papiers cigarettes, du job, car il n’y avait pas du nils quand tu en voudras encore. Si tu le reçois comme ça, on t’en enverra. Tu nous diras si tu a reçu tout ton fourbi. Aujourd’hui, il a fait une belle journée. Si chez toi c’était comme ça, tu n’aurais pas eu froid. C’est à désirer pour toi, nous avons eu le petit Riri près de nous 2 jours, il couchait avec le papa et la maman. Avec ça, il nous amusait bien. Hier pendant que je l’amusais, il m’a dit « Tata, je veux te pisser sur ton genou ». Je t’assure que sa petite langue se dégage chaque jour davantage, son papa ne peut en profiter, voilà le malheur.
Plus rien de nouveau, soigne-toi toujours bien. Le papa et la maman ainsi que Maria et petit Riri se joignent à moi pour te faire des gros mimis. Reçois nos meilleurs souvenirs.

Blandinou.