21 mars 1916 - Jameysse - Mon cher Henri…

Je réponds à ton aimable lettre dont j’ai eu grand plaisir d’apprendre de tes bonnes nouvelles. Ma santé va à merveille ainsi que toute la famille et je désire que ma lettre te rejoigne comme elle me quitte. Je pense que tu auras voyagé ton saoul ; tout ça n’est pas trop désagréable, mais savoir où tu seras allé, peut-être au bout du monde, mais tu dois avoir trouvé ceux dont tu étais en cherche. Il faut bien que je te dise que déjà nous avons fait empléter d’une autre chèvre, mais ce n’est pas un mathieu, ce qu’elle a en surplus une bonne paire de cornes avec le chevreau, on pourra les lier. Il eut été bien plus facile d’acheter que de vendre, il ne faut pas tant en dire de long : mais aussi ce ne doit pas être aussi intéressant, c’est ma sœur qui a profité pour l’achat mais je me réserve la vente, savoir le bénéfice. J’ai crainte de t’avoir mis ma maladie, mais tu dois mieux aller j’espère. Dimanche l’après-midi, j’étais toute seule. Je croyais que Blandine serait venue me voir, mais elle n’est pas venue. Ca sera pour une autre fois. Je lui aurais fait boire de la fumée, c’est un remède pour faire passer la brouzerie. Je pense que tu as des nouvelles de mon frère.
En attendant de tes nouvelles, le bonjour de la famille ainsi mes meilleurs souvenirs.

M. L.