21 mars 1916 - Corté - Mon cher Vareille...


Je t’écris ces deux mots pour te faire parvenir un peu de mes nouvelles qui sont toujours aussi bonnes pour la maman. Je désire que ma petite lettre te trouve de même. Je viens de prendre la garde, maintenant ça fait deux fois que je la prends depuis que je suis au dépôt. Je ne suis pas encore allé à l’exercice, pourtant il y a neuf mois aujourd’hui que je suis blessé et ne suis pas encore guéri. On m’avait proposé pour l’auxiliaire. Maintenant m’y appelle de nouveau et encore je dois passé une autre visite pour le service auxiliaire, mais je crois que l’on va me mettre xx mobilisable parce qu’il faut des hommes. Cher ami, nous étions en permission ensemble que l’on ne le savait pas, si on l’avait su on aurait bien pu se trouver à Boucieux-le-Roi. J’ai trouvé Albert, ton cousin qui venait de permission de 6 jours. C’est lui qui m’a dit que tu étais en permission aussi de 6 jours. Je ne sais pas comment tu te portes maintenant mais toujours que lui il est plus gras qu’en caserne. J’ai vu que le front ne le dégoûtait pas, il était toujours content de lui, moi je pense que toi tu en est de même mais quand même, j’aime mieux ma place que la tienne pour le moment. Plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui. Hier j’ai reçu une lettre de chez toi. Ils me disent qu’ils sont tous en bonne santé et que toi tu en étais de même quand tu es parti.
Je termine en te serrant une cordiale poignée de mains.

Ton ami qui t’aime et qui pense souvent à toi. Vallon Clément.