18 mars 1916 - Ma chère Blandine...

Je viens de nouveau te faire un petit moment la causette. Je pense que vous tous en très bonne santé et complètement habitué à mon absence. Pour moi, ça va toujours à merveille et le cafard me passe aussi à présent qu’on est tous ensemble, sommes toujours en repos au même endroit, ni ne savons jamais quand nous partons, ni où nous irons. Le plus embêtant c’est qu’on ne trouve jamais rien à acheter et on ne mange que du riz ou des macaroni qui ne sont pas fameux. La place de Verdun était encore commandée par un général boche qui a été fusillé. Tu vois toujours la belle armée. Hier notre capitaine nous a passé une revue, mais il ne sera peut-être pas mauvais mais il est très sérieux. Cet après-midi, nos avons deux heures d’exercices : faire des demi-tours et le salut comme des bleus. Nous allons rigoler. J’aurais besoin que tu me renvoies l’adresse de l’oncle Henri car je ne me la rappelle plus et ne m’a pas encore écrit. J’ai envoyé la bague à Hélène, mais je n’ai pas trouvé de petit trèfle, alors c’est une 7ème. Je pense qu’elle lui plaira.
Hier j’ai reçu une lettre de Ferdinand de Jamaysse qui est toujours en bonne santé. Nous avons un bon temps superbe. Au moins ne vous faites pas de bile pour moi. Je vous embrasse tous.

Henri.