C’est avec beaucoup de plaisir ce matin que j’ai eu ta lettre du 16 en apprenant vos bonnes nouvelles à tous. Je puis t’en dire de même, ça va toujours à merveille et ne me fais jamais de bile, ni ne t’en fais pas pour moi, car en ayant confiance, j’espère bien que la Sainte-Vierge ne m’abandonnera pas à présent. Je voudrais bien comme tu dis aller chercher un autre poulet, mais je pense bien que la guerre sera finie avant, je ne crois pas que ça dure bien plus longtemps, alors courage, patience et confiance, tout de même nous arriverons au bout. Vallon a bien de la veine pouvoir être encore au dépôt. Un de ces jours, je vais lui écrire. Aujourd’hui, j’ai reçue une lettre de l’oncle Henri qui est toujours en bonne santé. Je vois bien aussi que je repartirai d’ici sans voir Rémy, nous ne devons pas être du même côté. Puis nous sommes ici pour 10 jours au plus, après allons de nouveau à l’arrière. En attendant, on verra toujours plus loin. Les artilleurs des deux côtés bombardent toujours, c’et tout. Nous avons toujours un temps superbe.
Enfin plus rien pour aujourd’hui en attendant de nous voir, fais bien des mimis au papa et à la maman et à toi aussi car tu serais jalouse.
Ton petit frère. Henri.