20 février 1916 - Chère petite sœur...

Aujourd’hui dimanche, je viens aussi te faire un petit moment la causette. J’ai été à la messe à 10h15, où à la grand messe, on donne un bout de pain béni, ce que je n’ai jamais vu chez nous. J’espère que vous êtes tous en bonne santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et ne me fais jamais de bile. A midi, nous avons fait une omelette avec 12 œufs, elle était épatante. L’après-midi, nous sommes baladés dans le pays, au soleil car il fait une journée superbe. On se croit en plein mois de mai. Le soir, après la soupe, nous avons été dans un petit pays à côté à 5, nous avons bu 2 litres de vin blanc à 22 sous le litre, qui n’était pas mauvais. Avec ça, nous avons boulotté une livre de petit beurre, tu vois qu’on ne s’en fait pas, surtout j’attends avec impatience le moment de partir du 1er au 5 au plus tard. Hier, j’ai reçu une lettre de Vallon. On lui a pas encore retiré l’XX du bras mais c’est pas grave du tout.
Je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui. Le bonjour à Rémy et Ferdinand. Pour vous tous, mes plus doux et gros baisers et je puis te dire à bientôt.

Ton petit frère et chasseur qui pense à toi et ne s’en fait pas. Vareille Henri.