20 février 1916 - Bien chère amie...

Je vous écris ces deux mots de lettre pour vous faire savoir de mes nouvelles, que je suis toujours en bonne santé et je pense que ma petite lettre vous trouvera de même. Comme elle me quitte, je peux vous dire que nous sommes toujours en repos, mais on s’attend de partir d’un jour à l’autre. Les officiers nous ont dit que l’on allait embarqué pour la Serbie, suivant les ordres qu’il y a jusqu’à présent. Maintenant ça change si souvent, des fois encore on pourrait bien retourner à Souchez. Je peux vous dire que je suis plus dans le camp, nous avons fini les manœuvres. Nous sommes maintenant à Dampierre.
Pas guère autre chose pour vous dire, recevez une cordiale poignée de mains.

Un ami qui pense à vous. Carle V.