Me voici tout de même arrivé au grand repos et ce coup-ci, tu peux être bien sure que j’irais te voir avant les boches. Nous sommes à Queure, un drôle de nom mais seulement pour 4 ou 5 jours. Après nous allons à Saint-Riquin du côté d’Albertville. Nous sommes venus en auto, c’est un tout petit pays, mais le vin est cher, 22 sous le litre. Je pense que le commandant y mettre la main. Enfin tu peux croire que je ne m’en fais pas, il me semble tout drôle d’être si loin des boches. Je vais croire la guerre finie. Nous étions 15 ou 16 dans chaque automobile et il y avait 85 autos pour le bataillon. J’ai vu encore deux autres régiments : le 114 et le 229ème pour nous remplacer.
J’espère que vous êtes tous en bonne santé. Assez pour aujourd’hui, car je vais me coucher. Je vous embrasse de tout cœur.
Henri