15 février 1916 - Chère petite sœur...

Je réponds à ta lettre du 12 reçue avec beaucoup de plaisir en apprenant tes bonnes nouvelles. Je puis t’en dire de même, ça va toujours à merveille et cette fois-ci, c’est pour tant de bien. Nous partons demain 16 février à midi en auto et au grand repos. J’ai sûrement dû pas vous faire plaisir lorsque je vous ai dit que je reprenant les tranchées. C’est la faute du 226 qui a reculé devant l’ennemi par lâcheté, car il aurait très bien pu tenir les positions. Nous on les a bien tenues. Enfin c’est passé et à bientôt, je crois que c’est le 198 qui vient nous remplacer, il y en a qui l’ont vu passer en auto par ici. C’est le régiment à Carle, mais moi je ne l’ai pas vu. Il m’est arrivé un petit tour, le fameux régiment du 226 est venu prendre notre place dans nos cantonnements alors ils en ont profité pour nous fouiller tous nos sacs et pris notre linge qui était propre et même je n’ai pas retrouvé mon sac, mais j’en ai quand même un autre. Tout ce qui manque est signalé alors je vais le retoucher demain. Je n’ai toujours pas mon képi que je voulais laisser en permission mais ça fait rien. Le fils du XX a rudement de la chance, venir ici souvent. Je tâcherais de faire la bague à Hélène. Tison est toujours avec moi et Vallée est blessé mais c’est pas grave du tout heureusement. Aujourd’hui, j’ai reçu une lettre d’un parisien, un ami au cousin Adrien me demandant des nouvelles de son fils qui est cabot à la compagnie. Merci beaucoup des 5 francs mais ne croyez pas que je me soule. Je suis toujours très sain et très sage, seulement j’aime toujours en rigoler.
Enfin avec mes remerciements, reçois mes plus tendres baisers.

Ton petit frère. Riri. A bientôt.