16 décembre 1915 - Chère Blandinette...

Je réponds à ta gentille lettre que je viens de recevoir avec grand plaisir en apprenant tes bonnes nouvelles, et bien moi ça va toujours à merveille et soyez bien autour que je ne me fais jamais de bile. Je vous en prie, ne vous faites au moins pas de mauvais sang pour moi, car tu sais je ne peux pas m’en faire, ce n’est pas mon habitude. Du reste, tu as dû bien comprendre les 8 jours que j’ai resté avec toi et tu peux être bien certaine aussi que je ne vais pas tarder d’aller vous revoir car tous les jours il en part pour la 2ème fois. A présent, nous sommes au cantonnement d’alerte pour 6 jours et ensuite alors 6 jours au repos. Alors tu as vu déjà la bague à Elisabeth, je comprends qu’elle doit te faire envie mais quelques fois je pouvais peut-être te conenter. Pour la nourriture, c’est comme d’habitude. Il n’y en a pas de reste quand c’est bon mais enfin je me débrouille toujours. Je crains pas d’endurer. Nous sommes logés dans une cave où tu peux croire nous sommes au chaud. Du reste, je n’ai jamais froidi, le temps n’est pas chaud mais il vaudrait mieux ça que tant de pluie. 
Je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui, embrasse bien le papa et la maman, Maria et riri et pour toi mille baisers du petit chasseur pas bileux. 

Henri. 
 PS : J’y joins une carte de Guiguite.