15 décembre 1915 - Bien chère petite soeur...

Aujourd’hui comme d’habitude, je viens m’entretenir un petit moment avec vous tous. Je pense que tu reçois toutes mes lettres car je t’écris tous les jours. J’espère aussi que vous êtes toujours tous en très bonne santé malgré que là-bas il ne doit pas y faire chaud non plus car ici depuis hier seulement il ne fait pas chaud. Mais malgré tout, je n’endure pas froid du tout, car à présent on est sec et pourvu que je ne sais pas mouiller. Je me défends toujours et puis sans me faire de bile comme tu le sais. Je veux aussi te dire qu’à présent si vous pouvez, il faudrait m’envoyer deux petit colis par mois car tu sais je casse toujours bien la croûte puis on en a pas de trop à l’ordinaire et souvent ce n’est pas fameux, surtout quand on a quelque chose qui vient du pays, c’est toujours meilleur. Le bataillon part de nouveau demain aux tranchées, mais ma compagnie reste en réserve à Saint-Eloi où nous serons en cantonnement et nous pourrons se chauffer car nous faisons du feu, on coupe du bois par là et pas plus. Hier j’ai reçu une lettre de Ferdinand de Jamaysse et une carte de Guiguite du Vergier avec l’adresse de Léon. Plus grand-chose pour aujourd’hui. 
Bien le bonjour à Rémy, Ferdinand, tous les parens et voisins et en attendant le plaisir de nous revoir, embrasse bien le papa, la maman et surtout ne vous faites pas de bile pour moi et n’oublie pas Maria et Riri et pour toi mille baisers du Vitrier pas bileux. 

Vareille Henri.