4 novembre 1915 - Chère Blandinette...

Deux mots aussi aujourd’hui pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes. J’espère que ma lettre vous trouvera tous de même. Aujourd’hui, nous avons le brouillard, mais heureusement pas la pluie, alors nous nettoyons toujours nos tranchées et puis on y met de petites planches au fond, ce qui fait qu’on sera toujours beaucoup plus au sec. Je pense que chez nous, il a dû faire le même temps qu’ici alors la fontaine doit couler plus fort et vous pouvez continuer vos semences. Nous avons tout de même plus qu’un jour à rester ici dans ces tranchées, nous sommes relevés samedi au matin puis tu sais tous les jours, il part 9 permissionnaires, alors tu peux croire que mon tour n’est pas loin à présent. Il part des jeunes qui sont arrivés sur le front comme moi, alors à bientôt cet heureux jour de vous voir tous en parfaite santé comme je vais vous arriver. 
Enfin, en attendant cet heureux jour, embrasse bien le papa et la maman, Maria et Riri, le bonjour à tous les parents, Rémy et tous les voisins et pour toi mille bécots. 

Vareille Henri.