6 octobre 1915 - Chère petite maman...

C’est à vous que je m’adresse aujourd’hui. Me voici de nouveau au repos et dans mon ancien cantonnement où on ne croyait pas revenir si tôt que ça, car d’après ce que nous disent les généraux, l’attaque qu’on a fait devait nous porter bien en avant et total nous avons à peine avancé de 2 km et si ça avait été bien mené, ça aurait marché, mais ils ne savent pas commander, c’est malheureux, pauvre France, elle est bien dirigée, on a fait tué pas mal de bons hommes et c’est tout. Enfin, je vous expliquerai bien des choses que je ne peux dire sur mes lettres lorsque nous aurons le plaisir de nous voir. En attendant, nous voici au repos pour quelques jours. Je suis toujours en parfaite santé et soyez tranquilles, je ne me fais pas de bile. J’espère que ma lettre vous trouvera tous en bonne santé, mais vous chère maman, ce que je vous recommande, ne vous faites au moins pas du mauvais sang pour moi. Je vous écris souvent alors vous pouvez être tranquille, vous avez eu mal à l’estomac et vous n’êtes peut-être pas encore guérie, car biensûr vous ne me dites pas la vérité, je suis bien certain que c’est le mauvais sang qui vous occasionne cette maladie, mais encore une fois, ne vous en faites pas pour moi, du reste je ne fais que mon devoir et puis j’ai tout espoir de ne pas y crever ou peut-être blessé, mais pas crevé. Je pense qu’à présent les lettres marcheront mieux. Hier nous avons eu la pluie en venant le matin, je me suis levé à 7h30 pour écrire. Plus rien de nouveau pour aujourd’hui en attendant le plaisir de nous voir bientôt, je vous embrasse tous du fond de mon petit cœur. 

Votre petit Riri. Vareille. 

PS : Notre commandant a été blessé, heureusement pour nous car c’était une vache. Pour le moment, nous en avons un bon.