Je réponds à ta lettre du 16 que je reçois avec beaucoup de plaisir en apprenant vos bonnes nouvelles. Je vois que vous buchez toujours à grand train et puis vos beaufs ont l’air de commencer à bien travailler. Enfin tant mieux. Et bien moi, ça va toujours à merveille et comme je te l’ai dis hier, nous sommes arrivés ce matin à Bothincourt, dans un petit village où nous sommes très bien et loin du front.
Alors tu te doutais que je ne disais pas la vérité, mais c’est quand même bien vrai, aussi j’ai resté 4 jours en première ligne et attaqué et 3 jours en réserve mais voilà 5 jours que nous sommes au repos, puis tu sais aujourd’hui on a fait les noms pour les permissions. Ca commence ces jours-ci, alors que je crois que ce sera bientôt mon tour. Pour les attaques, c’est fini.
Dans la ferme où nous sommes, il y a une batteuse à moteur, qui lie les bottes de paille, c’est pas mal trouvé, on est en train de semer ici aussi et on en voit quelques carrés qui est sorti.
Riri fait beaucoup de progrès si déjà il dit « putain », ça va faire une tête en réquisition, tant mieux.
Ce soir je vais aller me balader dans un petit village à 1 km, tu peux croire qu’on ne s’en fait pas. N’as-tu pas reçu une lettre dans laquelle il y avait une feuille que je te nommais beaucoup de pays, il doit y avoir déjà quelques jours.
Embrasse bien le papa et la maman, Maria et Riri et pour toi mille baisers.
Riri.
PS : La lettre d’hier après-midi, je l’ai datée du 17 pour 18, tu peux croire que je radote…