19 octobre 1915 - Brignais - Cher Cousin et Cousine...

J’ai reçu ce matin la lettre de Blandine et j’y réponds immédiatement. Pour le beurre, pourriez-vous nous en envoyer de 16 à 18 livres, comme ça vous accordera. Pour mon amie qui habite Allais, je lui écrirais pour savoir combien elle en veut et je vous le dirais. Vous pourriez lui envoyer directement là-bas. Maintenant passons aux pommes de terre, oui nous pouvons attendre, vous pourrez les envoyer en petite vitesse, ce sera moins coûteur comme port. Nous aimons mieux attendre et avoir quelques châtaignes. Pourriez-vous en mettre 1 cent kilo bien mélangé, parce que ce serait pour la semence. Pour l’autre cent kilo qui est pour nous, vous ferez comme vous le jugez. Enfin des bonnes. Maintenant si vos sacs vous faisaient besoin, on pourrait peut-être vous les renvoyer et n’oubliez pas d’envoyer la note pour tous ces articles. Eugénie avait entendu à Paha le prix du charbon, il est presque au prix des pommes de terre, 9fr les 100 kg. Seulement il fait moins de profit. Qu’on est donc malheureux, n’oubliez pas sur vos lettres de nous donner des nouvelles de vos soldats. Nous avons reçu une lettre de notre Camille ce matin, il va bien, mais ils ont déjà bien froid. Je remercie beaucoup Blandine de la peine que je lui donne d’écrire aussi souvent et je la prie d’être notre interprète auprès de toute la famille, nous vous embrassons tous bien affectueusement et en attendant le plaisir d’avoir de vos bonnes nouvelles. Votre cousine. F. Vareille.