Aujourd’hui dimanche je viens aussi m’entretenir un petit moment avec toi. C’est 8h30, voici le travail que j’ai déjà fait. D’abord je suis allé communié à la messe de 6h30, tu vois j’y vais presque tous les mois. En arrivant, j’ai bouffé une demi gamelle de café bourrée de pain, après j’ai été faire un trou pour mettre les ordures, ensuite je suis allé me débarbouiller à la rivière, ce qui fait tout du bien. A présent, je fais ma lettre et à 9h nous allons touchés des caleçons, des souliers, un peu de tout.
Enfin je me fais toujours pas de bile et je pense que vous saurez en faire de même. Je crois que demain nous allons cantonné à Aubigny, alors là c’est grand. Ici à présent, tous les cafés sont consignés, on ne peut boire qu’en cachette, mais on en boit quand même. Il était question de nous donner 5 sous par jour, mais nous ne les avons pas encore touchés et j’ignore si on les donnera. Je crois qu’on diminue les sous-officiers, alors tout ça c’est la fin de la guerre qui approche. Tu vas voir que l’argent va leur manquer, mais ça ne serait pas trop tôt.
Plus rien de nouveau pour aujourd’hui. Le bonjour à Rémy, tous les parents et voisins et pour vous tous les plus douces caresses d’un petit chasseur qui pense à vous et ne s’en fait pas.
Henri.