Cet après-midi, je viens de nouveau m’entretenir un petit moment avec toi, car demain nous partons à 6h30 pour aller cantonner au Rotrencourt, du côté d’Aubigny. Alors de cette manière, tu auras ma lettre un jour après celle de ce matin car elle ne partira que demain.
Ce matin, nous avons passé une revue d’armes et cet après-midi, nous n’avons rien à faire, alors on joue aux cartes. Tu peux croire qu’on en fait des parties. On est loin de s’en faire.
Aujourd’hui, le brouillard est pourtant parti, nous avons le soleil, alors j’ai tout de même séché ma lessive et aussi pliée. Elle est complètement débarrassée. Ce qui fait que je suis propre comme un bouquet et bien tranquille.
Je constate sur tes lettres que vous êtes toujours bien en avance dans vos travaux, déjà fini de tuer les pommes de terre. Plus vous devenez vieux, plus vous devenez bons. Vous êtes comme les fromages. Dis bien à la maman de ne pas se faire de mauvais sang. Pour moi, ça n’avance à rien et puis j’écris assez souvent. Vous pouvez être tranquilles, à présent les gros coups sont donnés.
Embrasse bien le papa, la maman, Maria et Riri. Le bonjour à Rémy et pour toi en attendant le plaisir de bientôt nous voir, reçois de ton petit frère. Mille bisettes.
Henri.
PS : Le bonjour de ma part au Brignais.