Je réponds à ta gentille lettre que j’ai reçue hier avec grand plaisir en apprenant vos bonnes nouvelles, mais je comprends très bien sur ta lettre que vous avez l’air bien inquiet en entendant dire qu’il en a tombé, mais tu peux croire que moi je n’ai pas envie de crever. Tranquillisez-vous car à présent les gros coups doivent être donnés et je crois que bientôt on entendra parler de la paix. Au moins, ne vous en faites pas pour moi, je ne m’en fais pas une minute. Je ne suis pas bileux, tu peux croire.
Hier soir, je suis allé au Salut. J’ai vu une jolie petite Eglise superbe. Je mets deux jours pour faire ma lessive. Hier j’ai lavé deux mouchoirs, une paire de chaussettes et une cravate. Ce matin, je suis allé ma chemise qui était bougrement sale, elle m’a rudement fait frotter avec une brosse et je dois y avoir une demi levée de savon. A présent, je vais nettoyer mon fusil puis mon équipement, enfin on va bricoler.
Je vois que vous avez eu une jolie petite récolte de vin, c’est forcé que j’aille vous aider à le boire. Hier, j’ai reçu une lettre de Maria, il faut dire au papa une autre fois de manger avec elle, puisque le chat lui emporte sa part de saussin, c’est un sale voleur ce putain de chat.
Je vois aussi que Riri a l’air de bien vous amuser, ça vous fait passer le temps. Je vous embrasse très bien tendrement.
Ton petit frère. Henri.
PS : le bonjour à Rémy et qu’il tâche moyen de se faire de nouveau ajourner ou réformer.