4 septembre 1915 - Ma chère petite sœur...

Je réponds à ta lettre que je viens de recevoir avec grand plaisir en apprenant vos bonnes nouvelles, et puis il y avait aussi mon petit briquet avec l’aluminium et les pierres. Tout était bien au complet, je ne l’attendais pas si vite que ça, enfin il ne me reste qu’à bien vous remercier en attendant le plaisir de nous revoir. Je suis heureux d’apprendre que vous ayez tout vendu vos cochons, ils sont rudement chairs. Je lai déjà essayé car je n’avais plus une allumette. Il est épatant, ça prend merveilleusement bien. Je vous fais mes compliments, je suis enchanté.
Je me porte toujours à merveille et demain soir, nous allons au repos pour 10 à 20 jours.
Je viens de recevoir une lettre de Carle, mais il n’y a pas deux mois qu’il a mis de mes nouvelles, car nous écrivons toujours de temps en temps, c’est peut-être ce qui commence à radoter pour moi et ça va toujours comme l’ordinaire.
A ma lettre, je te joins deux petites photos. Je ne sais pas si tu pourras me connaître mais je pense que si, surtout sur une là où nous sommes le plus nombreux, c’est mon escouade d’élites et des litres.
Je tâcherai moyen de me faire tenir seul pendant que je serais au repos et je travaillerais à faire des bagues, mais tu sais vous m’en faites du travail, je vais devenir tout à fait bijoutier.

Enfin plus rien pour aujourd’hui, je vous embrasse et remercie tous du fond de mon petit cœur. Votre petit Riri.

PS : Sur le caisson assis à côté de moi, c’est Tison et Vallu de Saint-Agive.