23 septembre 1915 - Toulon - Ma chère Blandine...

Je réponds à votre lettre, lettre qui m'a bien fait plaisir d'apprendre de vos nouvelles. Je pense donc que ma lettre vous trouvera en bonne santé. Quant à moi, je vais à merveille mais pour cette semaine, nous travaillerons plus parce que demain on va nous vacciner de nouveau.
J'avais bien écrit à votre frère Henri, mais j'attends la réponse. A tous les jours, j'ai reçu presque toutes les autres. Je dois en avoir reçu 15 réponses. J'ai reçu des nouvelles de Ferdinand de Jameysse, j'ai trouvé votre cousin Léon de Chaudoreille. Dimanche soir, il est sorti de l'hôpital. Il pense de retourner rejoindre son cousin au camp de Chibron. J'ai trouvé son cousin de Colombier et maçon le cantonnier de Désaignes.
Dimanche, ils nous ont fait souper avec eux, mais ils nous ont bien fait manger et boire, car maçon se débrouille. Il est cuisinier et Vareille, Caporal dans la 15ème section des auxiliaires.
Lundi, on y est retourné avec Carle.
Vous me dites que je ne dois pas savoir laver mais vous pouvez croire que samedi on a fait un lavage mais c'était bien fait car quand le savon ne coûte rien, on l'épargne pas. Si c'était aujourd'hui que je passe au lavoir du Vergier, je vous l'apprendrais mais si vous pouviez venir passer quelques jours avec Marie du Vergier, on retournerait manger des Berlingots, car je l'ai pas encore goûté à Toulon.

Bien le bonjour à toute la famille ainsi qu'à ton petit neveu Riri. Recevez mes amitiés. Louis Chavrier.