Deux mots pour te donner de mes nouvelles et en savoir des tiennes. J’espère que ma petite lettre vous trouvera tous plein de santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et je ne me fais jamais de bile.
Nous attendons toujours l’ordre de partir aux tranchées mais si tu entendais le bombardement qu’on fait aux boches, c’est effrayant. Voilà 5 jours que ça dure et sans relâche. Hier, il s’en est rendu un qui a dit que de sa compagnie, il restait seul et encore il est arrivé blessé. Il est fort probable qu’on va leur enlever pas mal de terrain et puis le plus gros bombardement n’est pas encore tombé.
Hier j’ai reçu une lettre de Maria avec 5 fr dedans. Tu ne m’as pas parlé que le papa avait été à Saint-Félicien.
Hier soir, nous avons eu un orage, ça a tonné et puis pas mal tombé d’eau. Enfin aujourd’hui, il fait meilleur, mais la campagne a besoin de pluie mais pas nous.
Plus rien pour aujourd’hui, embrasse bien le papa et la maman pour moi et surtout ne vous en faites pas. Ton petit frère qui pense à vous et ne s’en fait pas. Vareille Henri.