Je réponds à ta lettre que j’ai reçu avec grand plaisir en apprenant de vos nouvelles. Quant à nous, nous sommes en très bonne santé.
Si ce n’est que le temps qui est beaucoup malade car tous les 2 ou 3 jours, il pleut. Ici nous avons fini de charrier les gerbes il y a déjà 8 jours et espérons bientôt pouvoir machiner. Après la machine, il y a 10 boches et cela est bien commode car on n’a pas besoin de rendre le temps. Je te dirais que je les vois bien de près car je leur ai parlé. Il y en a quelques uns qui commencent à savoir parler le français. On leur a demandé si les français étaient aussi nombreux que les russes, ils seraient à Berlin.
Tu me dis que Riri commence bien à babiller, mais il faut bien car si il ne babille pas, il ressemblerait pas à sa Tante.
Tu donneras bien le bonjour à Maria ainsi qu’à tous, à Rémy et Ferdinand. Plus grand-chose à te dire pour le moment. Mon oncle, Tante et Grand-père se joignent à moi pour vous donner bien le bonjour. Ton ami qui pense à toi. Julou. Madame Louise vous envoie bien le bonjour.