10 août 1915 - le front - Ma chère Blandinette...

Je réponds à ta gentille lettre que je viens de recevoir avec plaisir en constatant que vous êtes toujours en assez bonne santé puis je vois que tu as reçu ta petite bague. Pour moi, elle va toujours à merveille et tu peux croire que je ne m’en fais jamais.
Ce matin, nous sommes allés en marche, nous avons eu rudement chaud, car il faisait lourd. On étouffait. Nous avons traversé 2 villes assez grandes mais je trouvais qu’il n’y a pas de jolies femmes. Toujours elles sont rousses.
Tu me dis que l’oncle Henri est en permission. Je comprends qu’il doit être content à voir un peu son monde, quoique ça aura bien vite passé.
Tu fais toujours du commerce avec tes lapins et poules. Je vois que tu fais un rude cadeau à Jamaysse avec une bête pareille, surtout une XX. Tu auras vite fait fortune. Oui le temps est plus beau que chez nous. Dans mon XX, il y en a une qui est à côté de Vicomte de XX à 30 km de Moulin mais il ne la connaît pas.

Enfin plus rien d’autre pour aujourd’hui. Fais le bonjour à l’oncle Rémy ainsi que Maria Goudard. Est-elle à Groûle ? Recevez de votre petit chasseur les plus tendres souvenirs. Riri.

PS : ta lettre est partie le 8 et je l’ai reçue le 10. Chaque soir je vais au Salut.