11 août 1915 - le front - Ma chère Blandinettte...

Après avoir mangé la soupe et avant de partir pour aller au Salut, en fumant tranquillement ma pipe, je viens m’entretenir un petit moment avec toi. Ca va toujours à merveille et je pense bien que ma petite lettre va vous trouver tous de même, et peut-être bientôt occupés à battre.
Hier, nous avons touché une chemise, un caleçon et une paire de chaussettes qui peuvent durer une huitaine de jours.

On ne se fait toujours pas de la bile, en espérant que l’on se reverra bientôt, le bonjour à l’oncle Rémy ainsi que tous les parents et voisins et pour vous tous les plus tendres souvenirs, amitiés et caresses d’un petit chasseur qui pense à vous tous mais qui ne s’en fait pas.