Je réponds vite à ta lettre que je viens de recevoir avec plaisir en constatant que vous êtes toujours tous en assez bonne santé et puis vite aussi te remercier du petit colis que je viens aussi de recevoir à l’instant et que j’ai déjà goûté, mais tout est arrivé en très bon état et tout est délicieux. Tu peux recommencer quand tu voudras, alors à présent j’attends ma chemise mais je vois qu’elle ne se lavera pas seule. Si elle ne me convient pas bien, alors c’est à Hélène qu’il faudra s’en prendre. Enfin nous verrons ça dans mon colis. Il y avait deux fromages, deux morceaux de saucissons excellents, un paquet de pastilles et ma blague.
Et bien moi ça va toujours à merveille. Aujourd’hui dimanche, je suis allé à la messe et à Vêpres et puis ce soir je vais au couvent, joué par la musique du 44ème, tu peux croire que je ne m’en fais pas, surtout tant que je suis au repos. J’ai passé un superbe dimanche hier soir, je suis allé au Salut, mais on nous a fait un superbe sermon. L’aumônier du 97ème d’infanterie, il est rigolard.
Tu remercieras bien l’oncle de ma descente de lit, seulement je ne vais pas savoir y marcher lorsque je rentrerais ici, je n’ai pas cette habitude.
Plus rien pour aujourd’hui, le bonjour à l’oncle et Rémy et pour vous tous mes amitiés et remerciements. Riquet, votre petit chasseur.
PS : J’y fait une carte de mon petit filleul que tu me conserveras car la guerre commence à finir par là à la fin octobre.