7 août 1915 - le front - Chère petite sœur...

Deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes. Tu peux croire que je ne m’en fais jamais. Nous y sommes 4 ou 5 et tous de la chasse 1914, des moments on s’amuserait si tu nous voyais chanter. Il y a un Vallon de Saint-Agière qui était aussi en Corse et Tison, deux de la Chapelle 1914 qui avaient été évacués à cause de maladie. A présent, ils sont venus ici. Avant ils étaient au 4ème char, ils sont des environs de Paris. Enfin tu sais on ne se fait pas de mauvais sang. Tâchez moyen d’en faire de même.
Ce matin, nous avons fait une marche. Nous avons traversé la ville d’Haudain. Ce soir, je vais à nouveau au Salut, mais dans un autre village, pas loin d’ici non plus et il est probable que demain j’irai aussi à la messe.
Il me semble que tu m’écris même souvent à présent. Je te quitte car la soupe est là.

Le bonjour à l’oncle, Rémy et tous les voisins en attendant le plaisir d’avoir de vos nouvelles et puis de vous savoir tous en bonne santé. Je vous embrasse tous bien tendrement. Vareille Henri.