Je réponds immédiatement à votre lettre que je viens de recevoir avec beaucoup de peine de savoir Maria malade. Mais ça je m’en doute, je l’ai connue dans sa dernière lettre à laquelle je lui ai fait réponse hier. Elle m’avait bien dit il y a 15 jours qu’elle était fatiguée mais elle m’avait dit après qu’elle était guérie. Je vois bien à présent qu’elle n’était pas guérie. O mon dieu qu’il faut en voir. Je vois bien que tant que la guerre durera, elle n’ira pas mieux. Je vois qu’elle se fait bien du mauvais sang à Groûle toute seule. Si ce n’était les bêtes et que vous vouliez bien l’amener chez vous, je vous dirais bien je l’amènerais mais avec les bêtes on ne sait pas trop comment faire.
Enfin si jamais elle n’allait pas mieux et que vous puissiez faire faire un certificat pour le médecin, je pourrai des fois aller en permission avant que ce soit mon tour. Enfin, mes chers parents et chère belle-sœur, tâchez moyen au moins de ne pas tomber malade. Il y en a assez comme ça.
Si vous pouviez m’écrire de nouveau pour me dire réellement comment elle va, ça me ferait bien plaisir.
Je termine en vous embrassant tous du fond du cœur. Embrassez-vous bien pour moi mon épouse et mon petit Riri.
PS : Votre gendre et beau-frère qui pense à vous. Goudard Rémy.