Je réponds à ton aimable lettre que je viens de recevoir à l’instant avec plaisir en constatant que vous êtes toujours en parfaite santé et j’espère que Maria, ce ne sera rien, qu’elle sera vite remise à cause que de deux jours tu n’avais pas reçu de lettre, tu commençais déjà à penser de crever, mais crois-moi je ne m’en fais pas si facilement. Des fois je suis en train de jouer aux cartes alors je dis j’écrirais demain mais quand même ce n’est pas souvent que je t’oublie. Ca va toujours à merveille et tu peux bien croire que je ne m’en fais pas, bien loin de là.
Je te remercie beaucoup des 5 fr que j’ai trouvé dans l’enveloppe. Ca arrive très bien, tu n’as qu’à continuer. Alors je vois que tu as fait un bon petit gueuleton avec ces jeunes bleus. Espérons encore que nous le referons plus tard et que ce sera plus gai que cette fois-ci, que nous ne serons plus en guerre. D’après ce que tu me dis, tu es pire pour les hommes pour faire du travail facilement. Tu fais ce qu’un gros homme fait péniblement. Tu peux croire que moi ici en place, je force pas, nous passons bien 18 jours que nous aurions très bien pu passer chez nous, car nous ne foutons rien du tout. Le matin, on va un peu à l’exercice et l’après-midi, un peu quelques petites revues, histoire de nous emmerder toujours. Je ne m’en fais pas, tu as vu la photo de Monsieur Louis Reboublet, et bien moi j’aurai plaisir d’avoir la tienne ainsi que de toute la famille.
Le bonjour à l’oncle Rémy, tous les voisins et parents et pour vous tous mes plus bons souvenirs. Rémy.
PS : j’y joins la carte d’Henri Goudard. Ce soir je vais au Salut.