3 août 1915 - le front - Ma chère Blandinou...

Deux mots pour te dire de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes. J’espère bien que ma lettre vous trouvera tous de même. Ce matin, nous sommes allés au tir. L’après-midi, nous avons eu une revue d’armes parce qu’en revenant du tir, nous avons attrapé une bonne petite rincée. Comme chez vous, nous avons souvent la pluie, il ne fait jamais bien chaud. Aujourd’hui, il fait un vent de diable et même pas chaud. De temps en temps, il pleut.
Ce soir, après la soupe, je suis allé faire un petit tour dans les prairies chercher des champignons mais j’en ai point trouvé. Ca m’a fait une petite promenade. Hier soir, je suis allé au Salut à Bagus car ici il n’y a pas d’église. Je suis à Hauvelin, un beau petit patelin. L’église est à 1 km.
Aujourd’hui, j’ai reçu une lettre d’Albert et d’Henri Goudard dont j’ai déchiré l’adresse sans y faire attention, alors il faudra dire à Mamy de me l’envoyer pour pouvoir lui répondre. Albert est Caporal. Il avait attrapé une XX de panaris. Il a resté 10 jours à l’ambulance.

Je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui. Surtout ne vous en faites jamais pour moi, car moi je ne m’en fais jamais une minute. Le bonjour à l’oncle Rémy, tous les parents et voisins et pour vous chers parents et petite sœur les plus tendres caresses et amitiés de votre petit Rémy qui pense à vous et ne s’en fait pas. Vareille Henri.