Aujourd’hui dimanche, je viens aussi m’entretenir un moment avec toi. Je quitte la garde ce soir. En plus je me suis fait remplacer un moment et suis allé à la grand messe qui a été tout à fait bien chantée. Il y avait des chanteuses, c’était magnifique. Il y avait même notre fameux commandant Lambard.
Je pense que ma lettre vous trouvera toujours en bonne santé, pour moi ça va à merveille. Tu sais j’ai passé une superbe journée. Le temps aujourd’hui est lourd.
On commence à couper le froment mais ici la moisson est moins tourmentée que chez nous. Il y en a qui est encore court, vert. Les blés sont superbes, ont l’air d’être grenus comme fer. Du reste, ils mûrissent bien à leur aise. Je vois que tu fais toujours un commerce de diable avec tes lapins. Il en naît deux et en crève trois. Il faudra tâcher moyen d’en avoir un gros et gras pour quand je vais vous voir, malgré que la demande encore peut-être bien du temps et puis tes poules qui ressemblent à des demoiselles à qui je n’ai pas encore vu pourtant ici je vois aussi de toutes sortes de bestiaux.
Enfin plus rien de nouveau pour aujourd’hui, bonjour à l’oncle Henri, et tous les voisins. Juste un an aujourd’hui que la guerre déclarait. J’étais en train de battre chez Rémy et c’est juste le dernier jour que nous avons passé avec Rémy.
PS : J’y joins une carte qui est dommage si je la déchire.
PS 2 : il m’a écrit hier soir et va très bien. Je vous embrasse tous bien tendrement. Henri.