26 août 1915 - le front - Bien chère petite sœur...

Me voici de nouveau au repos pour 24 jours, alors tu penses si nous sommes contents tous d’avoir de nouveau laissé nos pauvres boches.
Je pense que ma petite lettre vous trouvera toujours tous en bonne santé. Pour moi, ça va toujours à merveille et tu peux croire que je ne me bile jamais.
Aujourd’hui, nous avons eu du travail pour nous nettoyer.
J’ai reçu une carte de Marguerite et Elisabeth, venant de La Louvise qui sont très jolies, ainsi qu’une lettre de Ferdinand de Jamaysse qui est en bonne santé et une de Ferdinand Carle qui est à l’ambulance depuis un mois pour un pied, mais il pense bientôt aller rejoindre son régiment. En attendant, il est à l’abri. Aujourd’hui, j’ai commencé à envoyer une bague à Marguerite. Je vais bientôt les avoir contentées.
A présent, il fait beau temps superbe. Plus rien de nouveau pour aujourd’hui. Au plaisir d’avoir de vos nouvelles et nous revoir bientôt. Tu peux m’envoyer un colis avec un saucisson et un fromage quand tu voudras. Je suis tout prêt à le bouffer.

Le bonjour à l’oncle et tous les parents et voisins et pour vous tous, les plus douces caresses de votre petit Henri qui n’est jamais bileux. Vareille.

PS : Tu pourrais tout de même y mettre un briquet à xx car ici on ne trouve pas toujours des allumettes.