Je réponds de suite à ta gentille lettre que je viens de recevoir avec tant de plaisir en constatant que vous êtes tous en bonne santé, et puis si en avance dans vos travaux.
Mais ce que je voudrais voir ces chantiers de foin faits pour ces demoiselles. Chacune de vous était alors là, il me semble que je rigolerais et dire que pendant ce temps moi je ne fais rien du tout. Je serais mieux de vous voir aussi bien que les autres, mais vous n’êtes pas les seules ici aussi.
Mes bûches pour biner les betteraves, c’est le grand moment. Ils ne sont pas pressés pour faucher, mais le temps ne le permet pas bien. C’est dommage que tu aies assommé ton poussin car j’allais le manger, mais de cette manière je ne me dérange pas. Vous avez fait une autre fenaison, en faites-vous une troisième ?
C’est l’oncle de Chaudoreille qui veut ces fais. La tante Marie m’a écrit il y a peut-être 8 jours que l’oncle était allé à XX passer de nouveau au Conseil, et toi tu ne m’en parles pas. Est-ce vrai ? Est-il pris ou non ?
Léon du Vergier t’a envoyé sa photo et tu le trouves bien beau, la barbe lui manque mais ça viendra. La mienne pousse toujours heureusement.
Ce soir, nous avons fait une salade toute l’escouade ensemble et puis nous avons bu un petit coup. Tu peux croire qu’on ne s’en fait pas. Tachez moyen d’en faire de même. Tout ira bien.
Le bonjour à l’oncle Rémy et à tous les voisins. Embrasse bien le papa et la maman, Maria et Riri et aussi pour toi les caresses de ton petit frère qui pense à vous tous et ne s’en fait pas. Au moins, soignez-vous bien. Ricquelle.
PS : je suis à XX XX.