27 juillet 1915 - le front - Ma chère Blandinou...

Je vais t’expliquer notre petit voyage que nous avons fait cette nuit. Nous avons quitté les tranchées hier soir à 22h. Nous sommes venus au repos pour 20 jours et à 25 km que nous nous sommes appuyés cette nuit et avec le sac et puis 200 cartouches. Tu sais, le temps dirait presque t’arriver, quoique nous avons fait une bonne pause à 2h du matin où nous avons mangé la soupe, bu un quart de vin et le café. Que ça nous a bien reposé, enfin nous sommes dans un beau petit patelin où nous avons de l’eau à volonté, alors tu sais c’est souvent qu’on va prendre des bains. Nous sommes à Ouvelain.
Déjà cet après-midi, on commence à passer une revue. C’est bien ça la vie militaire. Plus ça va, plus ça chie. Heureusement que je ne m’emballe pas, je trouve moyen de ne pas en faire plus que ma part. Ce que je suis tout à fait obligé de faire.

Je pense que vous êtes toujours en bonne santé. Pour moi, ça va à merveille et puis tu peux croire que je ne m’en fais pas. Plus rien pour aujourd’hui. Le bonjour à l’oncle Rémy, aux voisins et pour vous tous mes amitiés. Vareille.