23 juillet 1915 - me front - Ma chère petite sœur...

Deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes, dont j’espère que ma lettre te trouvera de même ainsi que toute la famille.
Je suis de nouveau dans les tranchées, mais en réserve. Cette nuit, nous avons eu la pluie et même dans la journée, par moment, tu sais on ne se fait toujours pas de mauvais sang. On fait quelques parties de cartes, ça passe le temps. Avec tout ça, les boches ne reculent pas vite, voilà quelques jours nous sommes au même endroit, enfin espérons que ça finira bientôt, ni plus ni moins.
Ils sont en France, ils y resteront, on aurait pu les reculer un bon peu lorsqu’on a pris Carency. A ce moment, ils n’avaient pas beaucoup d’artillerie, mais on a manqué le coup et à présent c’est trop tard, mais la paix viendra quand même.
Hier j’ai reçu une carte de Jules Charbon et une lettre de Ghislaine Gaugli. Il va bien lui aussi.

Le bonjour à l’autre Rémy, aux parents et voisins et pour vous tous les meilleurs souvenirs et amitiés de votre petit chasseur qui pense à vous et ne s’en fait pas. Vareille Henri.