Deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours très bonnes, dont j’espère bien que ma lettre vous trouvera tous de même. Vous devez être en grand train de charrier vos gerbes pendant que moi on ne me fait faire que des conneries, toujours de pire en pire. C’est bien comme disait le papa la vie militaire. Il faut y passer pour la XX XX et c’est encore bien autre chose en caserne, mais cela dépend du capitaine et le notre c’est une vache. Nous partons aux tranchées et encore ce con nous passe une revue manteaux à 16h et nous partons ce soir, vivement qu’on y soit au moins, il nous foutra la paix, seulement nous allons en réserve, alors il va encore nous emmerder pour 4 ou 5 jours. Ca aura vite passé, puis tu dois comprendre qu’à présent, je suis au courant de la chierie militaire. Voilà 7 mois que je fais le con.
Pour les permissions, mon tour viendra. Seulement, j’espère que la guerre finira encore avant. Tu sais, moi j’ai toujours bon espoir, puis il faut que la paix se signe. Les boches en France, XX que nous ne pouvons pas les sortir, tu vas voir que la paix se signera bien tôt. Dans tous les cas, ça a bien assez duré.
Enfin tu peux croire que je ne m’en fais pas, bien loin de là. Le bonjour à l’autre Rémy, Ferdinand et aux voisins et pour vous les caresses de votre petit Riri qui ne s’en fait. Vareille.