21 juillet 1915 - le front - Ma chère petite sœur...

Je réponds à ta lettre que je viens de recevoir avec plaisir en apprenant vos bonnes nouvelles et en même temps vous remercier des 5 fr qu’elle contenait, car je vois que je ne risque rien de souffrir, il en arrive assez souvent.
Je vois que vous êtes en avance et vous avez déjà coupé le foin des Groûles. Comme tu dis, vous vous débrouillez assez bien.
Aujourd’hui, nous avons passé une revue du Général et ce soir probablement en son honneur, nous avons eu un quart de vin mousseux, mais nous l’avons bien mérité, car on nous a fait nettoyer le cantonnement et tu peux croire notre capiston nous a rudement fait chier. Ce quart de vin était bien mérité.
Je crois que demain nous repartons en tranchées en réserve pour 4 à 5 jours, puis en revenant, nous allons au repos pour 15 ou 18 jours. Je ne vois plus grand-chose pour aujourd’hui car c’est l’heure d’aller au salut.
Surtout ne vous en faites pas pour moi car tu sais je ne m’en fais pas une minute en attendant le plaisir de vous voir. Je vous embrasse et remercie du fond de mon petit cœur. Votre petit Riri.