Depuis déjà longtemps, je n’ai pas eu de vos nouvelles donc j’espère qu’elles sont bonnes. De temps en temps, Henri nous donne de ses nouvelles, ce qui nous fait grand plaisir et avant de quitter la Corse, il nous a envoyé sa photo. Il fait un beau militaire. Je demande grâce à Dieu qu’Il vous le rende sain et sauf. Et Maria, comment va-t-elle avec son fils qui doit lui servir de compagnon et son époux, donnez m’en des nouvelles et faites moi une grande lettre qui me dise beaucoup de choses. Vous me ferez plaisir. Vous devez bien avoir à faire avec tout le manque d’hommes que vous n’avez pas, mais hélas à quand la fin de cette malheureuse guerre sera-t-elle ? Il a vraiment de quoi se décourager. Cela est bien dur, je vois pour de pauvres ménages séparés et malheureusement de certains pour la vie. Mais nous ne pouvons demander que du courage et de la patience en attendant que chacun reprenne sa place à qui Dieu le permettra.
Chère sœur, voilà 8 jours que l’on reçoit des prisonniers d’Allemagne tous les jours et jusqu’au 24 juillet, mais si tu voyais tous ces pauvres malheureux, cela ne s’explique pas, ces affreux, on leur fait beaucoup d’accueil mais cela ne remet ni les membres, ni les yeux mais quel fléau que Dieu nous donne à grand va. A quand va-t-il tendre son bras l’arrête.
Les enfants sont toujours à leur poste d’infirmiers en attendant la fin de la guerre. Daniel et les enfants se joignent à moi pour bien vous embrasser, sans oublier Marie, Jean, petit garçon et Blandine. Comme elle doit travailler auprès de vous tous.
Chère sœur et beau-frère, ta sœur qui vous embrasse pour tous en attendant le retour de vos absents. Mélanie,
bien des compliments à tous ceux qui demanderont de nous nouvelles.