26 juin 1915 - Aix - Ma chère belle sœur...

Je suis arrivé hier au repos à Aix pour 8 jours, alors il faut bien que j’en profite pour répondre votre aimable lettre que j’ai reçu il y a 8 avec plaisir de vous savoir en bonne santé, mais j’avoue que j’en avais bien besoin, car avec le travail, que vous n’avez pas besoin d’être malade. Je ne comprends pas même comment vous pouvez vous débrouiller.
Pour quant à moi, je me porte toujours à merveille, que ma présente vous puisse vous trouver ainsi, ma chère Blandine. Je vous remercie bien des 5 francs que vous m’avez envoyés, vous me dites que vous vouliez me faire coûter votre cochon, mais il n’est pas mauvais le morceau que vous m’avez envoyé. Je puis le mettre en bouilli, en rôti, comme on veut. Je vous en remercie bien. Maria la semaine passée m’a fait une surprise, le même jour, j’ai eu 2 lettres d’elle dans une.
Qu’est-ce que j’ai vu ma petite Maria et mon petit Riri tiens, je suis surpris. Ils sont très bien photographiés. A tout moment, il faut que je les regarde. Le petit Riri, il est gentil comme tout, il a bien toujours son même air, mais il s’est bien fait grand et gros. Ces cheveux ont bien poussé. Le temps dure de voir tout son monde. Maria m’a dit que c’était encore ma bonne Maman qu’elle avait payé tout ça, vous la remercierez bien pour moi n’est-ce pas ma chère Blandine, elle est trop bonne pour nous, et d’autres pas assez. Voilà déjà quelques jours qui ne passe pas jour sans nuage et puis qu’il en tombe de la pluie. Je n’ai pas encore battu, heureusement que je suis dans un bon secteur. Les boches qui sont en face de nous ne sont pas mauvais ni bien nombreux.
Henri m’a écrit il y a 3 jours. Il va bien. Je vais lui faire sa réponse aujourd’hui.

Embrassez bien pour moi mes bons Parents, ma petite Epouse et mon petit Riri, n’est-ce pas ma chère belle sœur. Votre beau frère qui vous embrasse du fond de son cœur. Goudard Rémy.

PS : un grand bonjour à Rémy pour moi.