23 juin 1915 - le front - Ma chère Blandinou...

Je réponds à ton aimable lettre reçue avec grand plaisir en apprenant que vous êtes tous en si bonne santé et je vois aussi que vous êtes toujours bien avancés en vos travaux, puisque vous allez déjà faucher, ou dont je constate aussi que vous ne vous apercevez pas que je ne suis pas, car vous êtes aussi avancés que les autres années. Il faut que vous en fassiez rudement des travaux.
Ma santé est toujours excellente et hier soir, nous avons changé de cantonnement. Là où nous sommes à présent, nous avons de l’eau à volonté, il y a une petite rivière. On va en profiter pour y barboter, car on aime bien en avoir à volonté à présent qu’il fait chaud, pouvoir s’y tremper à son aise et puis c’est un petit village bien agréable. Tu me dis que mes lettres mettent beaucoup de temps. La tienne n’a mis que 3 jours. Elles n’en mettent pas plus que pour aller en Corse.
En même temps que la tienne, j’ai reçu une lettre de Maria me disant que son Régis se XX en payant à lui faire son travail. Ce qui me fait plaisir aussi, car c’était bien ennuyeux que tout son travail reste.
Cette nuit, nous avons eu la pluie, même encore le temps n’est pas joli. Ca va encore vous retarder à présent que vous êtes aussi doux.

Enfin, je ne vois grand-chose à te dire pour aujourd’hui. Ne vous faites pas du mauvais sang car je ne m’en fais jamais. En attendant le plaisir de nous voir, je vous embrasse tous bien tendrement. Le bonjour à Rémy et à Ferdinand puisqu’il est si dégourdi. Votre petit soldat qui pense à vous et ne s’en fait pas. Riquet.