22 juin 1915 - le front - Ma chère petite sœur...

Deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours excellentes et dont j’espère que ma lettre vous trouvera tous de même, malgré les fatigues que vous avez à endurer par vos travaux et la chaleur, car vous avez un temps superbe pour préparer le foin. Ici aussi, on commence à faucher. Il y a aussi une forte récolte de foin. J’ai vu faucher du trèfle mais il était tout à fait versé. Il y a une superbe récolte, seulement je ne sais pas si ils pourront arriver à la ramasser.
Ce soir, nous changeons de cantonnement. Nous allons encore plus en arrière, alors nous aurons encore quelques jours de repos, ce qui nous fait plaisir. Lorsque j’étais à la maison, vous me disiez que j’étais bien enfant, mais ça va être autre chose lorsque vous me reverrez, car ici on devient tout à fait gamin. Les vieux sont encore pires que les jeunes. Il faudrait nous voir nous amuser ensemble.
Plus rien pour aujourd’hui. J’ai reçu une lettre de Rémy, il va très bien.

Le bonjour à Rémy et aux voisins et pour vous tous, les mimis de votre petit Riri. Vareille.