21 juin 1915 - le front - Ma chère petite sœur...

Deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours excellentes et j’espère que ma lettre vous trouvera tous de même.
Nous sommes toujours au repos. On parle de nous changer de cantonnement, nous mener plus arrière.
Ce matin, nous sommes allés à l’exercice et cet après-midi, nous avons revue. Enfin on ne se fait toujours pas de bile. Tâchez moyen d’en faire de même et tout ira bien. Il fait toujours beau temps pour la fenaison.
Je pense bien que vous devez avoir reçu la lettre sur laquelle je vous demandais de l’argent et même depuis, j’ai reçu et mangé tes 5 francs, alors si il n’y en a pas en route, il faudrait m’en envoyer car je commence à les diminuer. De temps en temps, on bat quelques lettres et ma foi on n’augmente pas le porte-monnaie et puis lorsqu’on est au repos, on en profite un peu.

Je ne t’en dis pas davantage pour cette fois. Soignez-vous bien et ne vous faites au moins pas de mauvais sang. Votre petit chasseur qui pense à vous et je crois qui va finir par vous emmerder, mais enfin prenez patience. Je vous embrasse tous. Vareille Henri.