Aujourd’hui dimanche, je suis allé à la messe à 10h et maintenant à 15h je vais aller aux Vêpres. Nous sommes libres alors ça nous est bien commode.
Je suis toujours en parfaite santé et je pense que ma lettre vous trouvera tous de même. Hier, j’ai reçu une lettre de l’oncle Henri qui est toujours en bonne santé et me dit qu’à présent, on va faire charger la cavalerie. Ce qui m’étonne car pour cela, il faut que les boches soient en rase campagne et pas dans les tranchées.
Hier, un ancien chasseur a envoyé 10 fr pour partager à chacun des hommes de la première escouade, car lui en faisait partie, alors le soir nous nous sommes payés toute l’escouade ensemble un bon petit soupé. La patronne où nous sommes logés nous a fait rôtir des côtelettes, des pommes de terre en friture, une salade et puis des fromages que notre caporal avait reçu. Vin blanc et rouge et pour finir, le café alors tu vois, nous avons fait un bon petit repas et bu un bon coup. Alors tu dois comprendre qu’on ne se fait pas trop de bile et pendant ce temps, vous turbinez comme des forçats, car il fait un temps superbe pour la fenaison.
Ce matin, je me suis levé à 8h. C’est pas trop matin. Nous progressons toujours, pas très vite mais enfin on avance.
Je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui. Ne vous en faites au moins pas pour moi, car je ne m’en fais pas une minute, au contraire. Jamais je ne m’étais amusé comme à présent. Embrasse bien le papa et la maman pour moi, ainsi que Maria et Riri. Le bonjour à Rémy et aux voisins. Pour toi, les caresses et mimis de ton petit chasseur qui pense à vous tous. Ecris moi quand même aussi souvent que tu pourras car j’aime bien d’être au courant de ce que vous faites. Vareille Henri.