Je réponds à ta lettre reçue hier soir avec plaisir en vous apprenant tous en bonne santé et puis que vous ayez beaucoup de fourrage. Ce que je regrette, c’est de ne pouvoir pas aller vous aider à le ramasser. Il faut laisser ça pour plus tard.
Je vais toujours à merveille. Ce matin, nous sommes allés laver dans un autre village où il y a une petite rivière, alors tu sais si on était content de barboter dans cette eau comme des canards. Ca fait tant du bien. Ici la moisson doit être bien moins tourmentée que chez nous car le seigle est déjà fleuri. Le froment, il y en a qui est en fleurs, d’autres qui montent et une 3ème sorte qui n’a pas encore commencé à échelonner, alors pour moissonner, ils ne doivent pas être tourmentés, puis ils ont partout des machines.
Je sais que tu as reçu mon colis.
Nous progressons toujours et faisons des prisonniers, nous pensons que ça finira bientôt car tous on fait ce qu’ils savaient faire. Je continue ma lettre que j’avais quittée pour manger la soupe. Aujourd’hui, nous avons eu 2 quarts de vin et puis on ne se gène guère pendant que nous sommes au repos. On se paye du vin blanc à 17 sous le lite et le rouge 16, alors il n’y en a pas beaucoup de différence. Quand même, aujourd’hui, on ne fait pas comme hier, nous étions tous un peu gais. Nous avons passé une superbe journée. Tu peux croire qu’on ne se fait pas de bile. Tâchez moyen d’en faire tous de même et vous verrez bien que tout va bien. Pour manger, nous en avons largement assez, on ne nous laisse crever ni manquer, pas même la prison pour certains. Je suis après boire un coup, tu sais si tu étais là, vraiment tu rigolerais.
Enfin assez pour aujourd’hui, je vous embrasse tous bien tendrement. Votre petit Riri.