26 mai 1915 – le front - Ma chère Blandinette…

Je réponds de suite à ta lettre que je viens de recevoir ce soir 26 mai avec plaisir datée du 20 mai. J’avais peur que les miennes ne te parviennent pas mais je vois heureusement qu’elles arrivent. Je t’écris toujours, au moins un jour ou l’autre, si ce n’est pas tous les jours. Celles du 141 viennent me trouver ici même dans les tranchées.
Je vois que vous êtes toujours en bonne santé, moi ça va toujours à merveille. Ce soir je m’en vais aller voir les boches, un peu plus de pris pour 24 ou 48h mais tu peux croire que l’artillerie leur passe quelque chose. Ils n’ont guère envie d’avancer à présent. Alors tu vois que je ne suis pas le seul à te dire que ça va bien, mais quand même être rentré pour battu vous dis bien. Je crois que c’est un peu tôt. Je voudrais bien qu’ils soient rentrés, surtout maintenant que l’Italie et la Roumanie vont pas nous retarder je pense.
Toujours ne vous faites pas du mauvais sang, car ici on est très bien et tu peux croire qu’on ne s’en fait pas, malgré que les obus passent sur ma tête pendant que je t’écris. De temps en temps, on fait une partie de cartes, ça fait passer le temps. Je ne vois plus grand-chose à te dire pour aujourd’hui. Embrasse bien le papa et la maman pour moi, le bonjour à Rémy et à Ferdinand ainsi qu’à tous les voisins de ma part et pour les bécots de ton petit chasseur qui ne s’en fait pas. Riri.
PS : Tu as bien fait de m’envoyer l’adresse d’Albert.