Deux mots pour te donner de mes nouvelles qui sont toujours excellentes, dont j’espère que ma lettre vous trouvera tous de même.
Hier nous étions cantonnés dans un village que les allemands ont occupé pendant 7 mois. Il est complètement démoli. Les soirs nous sommes venus coucher dans les tranchées. Tu peux croire que c’est bien organisé. Il y a des chambres où on y est aussi bien que dans n’importe quelle maison et puis à l’abri des balles et des obus. Nous sommes encore assez loin de l’ennemi.
Dans ces tranchées, celui qui n’est pas au courant, ce n’est pas difficile de se perdre, car il y en a du pays, qu’on y va d’une tranchée à l’autre. Tu peux croire qu’ils n’ont pas beau temps ces boches. On leur en envoie des obus. Il vous faudrait entendre siffler ces obus quand ils passent tête, et bien ça te la fait baisser. Ca marche toujours bien. Hier, nous avons encore fini une nouvelle tranchée boche.
Ne languissez pas car moi je ne m’en fais pas du tout. Écris-moi vite ce que fait Rémy. As-tu toujours ton cochon ? quelle noce que tu vas faire. Et puis ces lapins. Je pense qu’il crève toujours bien. Votre petit chasseur qui vous embrasse tous. Riri.