Ce matin, je te disais que je n’avais pas reçu de tes nouvelles, je n’ai pas eu mis ma lettre à la boîte qu’on m’en a donnée une datée du 10 mai 1915. Tu peux croire que j’étais quand même content de vous apprendre tous en bonne santé.
Pour mes effets sûrement, j’aurais pu vous en envoyer. J’ai laissé 2 paires de caleçons et 2 chemises à Corté mais ce n’était pas bien car alors ça me faisait un fourbi pour l’envoyer. Ma foi je l’ai laissé. J’en ai même donné aux femmes. J’ai mes chaussettes en laine dans mon sac ainsi que mon tricot, qui sont encore très bons, dont je ne porte plus alors quelque moment, je vous l’enverrais.
Je ne t’en dis pas davantage pour aujourd’hui. Tu me dis de me défendre tant que je pourrai des balles allemandes, heureusement j’en suis encore à l’abri. Je ne croyais pas y rester si longtemps que ça. Aujourd’hui, on nous a donné des pantalons en velours bleu avec une raie jaune sur la couture ainsi qu’un nouveau képi.
Votre petit Riri qui vous embrasse tous. Vareille.