Je te fais réponse à ta lettre que j’ai reçue avec un grand plaisir, d’avoir de tes nouvelles, que tu es en bonne santé ainsi que tes parents.
Chère amie, tu me dis que je ne te parle pas du métier, qu’il doit me convenir, mais il ne me convient pas tant que ça. J’aimerais mieux garder les vaches avec toi au Buisson. Je te dirai que l’on me fait bien travailler maintenant, on nous fait faire des marches toute la semaine. On ne se fait que de la bile. Je te dirai que je trouve la viande bien bonne.
Chère Blandine, je te dirai que depuis que je suis parti des Réboulets, j’ai pris 2 kg, mais c’est qu’on me fait trop travailler pour m’engraisser. Tu me dis que ton frère Henri il pèse 76 kg, mais il ne doit pas être maigre. Mais moi, ça m’est impossible à ce poids. Il me faudrait manger comme 4 hommes.
Chère Blandinou, tu me demandes ma photo. Je me suis fait photographier, mais je ne les ai pas encore. Dimanche, je les vais chercher et puis je te l’envoierait, car le temps te doit bien durer quand est-ce que tu me vois en pioupiou. Ca ne te doit pas laisser dormir.
Je termine ma lettre car je n’y vois plus rien et puis j’ai plus d’encre. Je ne peux pas t’écrire. Je t’envoie mille mimis et mille caresses. Tu donneras bien le bonjour à tes parents de ma part pour moi.
Ton ami qui pense à toi. Jaubert XX.