Aujourd’hui je viens t’annoncer que ce soir j’ai de nouveau été nommé pour partir vendredi 30 avril. Il paraît que nous allons au 141ème à Marseille. Nous partons 200 en tout. Il y a Tison avec moi et Touron de Lamastre. Hier Tourasse est venu aussi coucher sous les tentes, e l’ai trouvé ce matin mais lui n’est pas nommé pour partir. Je pense que vous êtes tous en bonne santé. Quant à moi, ça va à merveille et puis nous sommes contents de quitter bientôt cette fameuse Corse, car il y aura bientôt 5 mois que je suis ici, alors il se ferait temps d’aller voir ailleurs, quoique je ne suis pas encore trop sûr de partir.
Hier et aujourd’hui, jusqu’à 10 h j’ai fini la garde dans la cour du Général Allemand. Il n’a pas l’air d’être trop commode, il a une ordonnance, un autre allemand mais il est tout à fait gentil. La nuit, le Général et fermé dedans mais il y a tout le temps une sentinelle au cas où il chercherait à s’évader. On doit liu faire feu.
Aujourd’hui, j’ai reçu une lettre de Léon du Vergier. Il me dit lui aussi qu’on les fait bien bûcher, il commence à prendre la garde. Ici on a donné le fusil des jeunes aujourd’hui, mais ce n’est pas le fusil lebel comme nous, c’est le fessil gras, ce n’est pas du tout la même baïonnette. Je crois qu’on les fait plus lourdes que nous.
Ce matin, à la citadelle, je pensais bien trouver Paul Jaubert mais je ne l’ai pas encore vu.
J’ai reçu aussi une lettre de Maria et je vois qu’elle a toujours ces misères. Elle aurait besoin d’être comme moi. Je ne sais pas qu’est-ce qu’il faudrait pour que je me fasse du mauvais sang. Tâchez moyen de faire tout comme moi en attendant que nous aurons le plaisir de nous revoir contents et joyeux. Votre petit Riri qui vous embrasse tous bien tendrement.