J’ai reçu ta lettre avec plaisir en apprenant que tu sois en bonne santé ainsi que tes parents et Rémy. Et moi je peux te dire de même et je désire que ma misérable lettre vous trouve tous de même maintenant.
Je ne languis pas, je ne me fais pas de la bile, je bois quelques petits coups et ça fait oublier l’ennui.
Aujourd’hui, Bancel est venu me voir, il avait la permission de 24h. Tout à coup, il m’a crié et j’étais sur le bord de la fenêtre en train d’écrire à ton frère. Il m’a surpris car je ne pensais pas à lui et nous avons sorti en ville. Et le dimanche a eu vite passé, on était content de se revoir. Il ne languit pas trop. Je viens de le quitter.
Chère Blandinou, ici à Nice, il fait toujours un temps magnifique. Et à Dessaignes, ça doit bien être la même chose.
Maintenant je trouve que je suis bien pour manœuvrer. Vendredi nous sommes allés faire une marche, nous sommes allés au Col de Villefranche et on voyait bien la mer. C’était joli et on voyait bien la ville de Nice, c’était merveilleux à voir. Et j’ai vu des pommes de terre en fleurs et des cerises qui commençaient à changer de couleur, et des haricots qu’ils étaient déjà grands et puis rien que des fleurs. On ne voit pas de terres cultivées, je ne comprends pas quel produit peut faire le monde XX des bouquets d’oliviers et d’orangers.
Chère Blandinou, ce qui m’embête le plus maintenant c’est pour laver ou raccommoder. Car je ne suis pas bien au courant et pourtant c’est souvent qu’il faut avoir l’aiguille en main mais quand j’en aurai un peu je te l’enverrai, toi tu auras vite débrouillé ça.
Enfin pas bien autre chose pour aujourd’hui, je vous envoie bien le bonjour à tous, au plaisir de vous revoir. Tu donneras le bonjour à Rémy. Ferdinand.